www.delaplanete.org L'état de la Planète Magazine - partenaire du WorldWatch Institute
présentation du magazine
tous les numéros de L'état de la planète magazine
vos remarques
abonnez-vous !
nos sites partenaires
l'équipe de l'état de la Planète
soutenez notre action !
communiqué de presse et banner
au sommaire du prochain numéro
reportages flash

Commandez L'état de la planète 2006

Quatrième de couverture
En savoir plus (PDF)


Commandez L'état de la planète 2005
ecologie
En savoir plus (PDF)

Procurez-vous 2006+2005 !

Points de vente (PDF)

Livraison gratuite
19 € / 29 CHF / 29 CAD
Paiement par chèque
Paiement sécurisé par carte bancaire




Soutien financier

partenaire



Partenaires

partenaire partenaire partenaire partenaire
 
Biologie de la conservation dans la région frontalière américano-mexicaine

par Rick Van Schoik
traduit de World Watch


ARTICLE AU FORMAT PDF
Biologie de la conservation dans la région frontalière américano-mexicaine / 320.4 ko




(JPEG)

Le loup mexicain (Canis lupis baileyi) est une espèce en voie de disparition ; celui-ci se trouve dans le refuge national de la faune de Sevilleta au Nouveau Mexique, USA...

La région frontalière américano-mexicaine renferme le taux le plus élevé d’espèces menacées des Etats-Unis. Environ 31% des espèces répertoriées comme menacées par le ministère américain de l’Intérieur se trouvent dans cette région. Du côté mexicain de la frontière, 85 espèces de plantes et d’animaux sont menacées. Il n’est pas étonnant que la menace pesant sur ces espèces soit exacerbée : les écosystèmes de cette région sont divisés par une frontière politique qui complique fortement les efforts de conservation.

(JPEG) Embouchure du fleuve Colorado et du Désert de l’Altar, prise par l’équipe de la station spatiale.Photo reproduite avec l’aimable autorisation de la NASA, image # ISS009-E-9839, http://eol.jsc.nasa.gov/

La population le long de la frontière américano-mexicaine s’est accrue considérablement et a poussé à la construction de vastes zones résidentielles et industrielles évoquant une vision de fin du monde pour toute la bande s’étalant du Pacifique au Golfe de Mexico. Déjà, à Tijuana, 2,5 hectares d’habitat naturel sont détruits quotidiennement.

L’été dernier, une coalition américano-mexicaine de biologistes de la conservation et d’autres experts (le Consortium pour la recherche et la promotion d’une politique environnementale du Sud-Ouest) se sont rencontrés pour débattre des différentes façons de réagir à cette crise frontalière grandissante. Bien conscients que le principe le plus important pour la conservation de la biodiversité réside en la nécessité de protéger les plus grands espaces intacts possibles, nous nous sommes concentrés sur l’identification de méthodes de protection ne prenant pas en compte les frontières (c’est-à-dire les barrières ou les gardes) afin d’incorporer des écosystèmes entiers.

(JPEG)

« Opération Gardien » est le nom de code d’une initiative américaine de grande ampleur destinée à stopper l’immigration clandestine entre Tijuana et San Diego.

La mise en place de politiques transfrontalières efficaces n’est pas chose aisée. Alors que des nations se mettent facilement d’accord pour protéger des espèces migratoires sur leurs territoires, comme ce fut le cas quand le Mexique signa la loi américaine sur les oiseaux migrateurs il y a cinquante ans, la protection de zones naturelles contiguës de premier ordre se révèle beaucoup plus compliquée. Conçues pour empêcher les humains de se rendre librement d’un pays à l’autre, les frontières empêchent aussi d’autres espèces d’en faire autant. Depuis les attentats du 11 septembre, la frontière américano-mexicaine a été renforcée conjointement par le ministère de la Sécurité Intérieure (le DHS, autrefois divisé entre les douanes, les patrouilles frontalières et les services d’immigration) et le Joint Task Force Six (le JTF-6, un commandement dépendant de plusieurs services, chargé d’apporter son soutien à la lutte contre le trafic de drogues) dont l’action demeure plus ou moins secrète. Les efforts et les infrastructures physiques de ces agences ont considérablement endommagé les habitats sauvages. L’utilisation de champs optiques de détection, de routes et de triples clôtures pouvant atteindre jusqu’à 50 mètres de profondeur provoque érosion et poussière. En cherchant à dégager la vue et les points d’accès, les forces de sécurité contribuent aussi à dégrader l’habitat fragile qui les entourent par la présence physique de patrouilles motorisées, l’éclairage artificiel de nuit, le bruit, le passage d’un râteau pour éliminer toute trace de pas et l’arrachage de buissons. Le long de la section de San Diego, la proposition d’installer une triple clôture oppose désormais les ambitions du gouvernement fédéral en matière de protection des frontières à la juridiction locale et gouvernementale préoccupée par la question environnementale. « Le projet se fraierait un chemin de 45 m au milieu de l’habitat abritant certaines des plantes les plus rares de l’Etat et au moins trois espèces animales menacées », écrit le journaliste écologiste californien Terry Rodgers.

(JPEG) Embouchure du Rio Grande à Brownsville/Matamoros. Le canal destiné aux bateaux est dégagé tandis que le fleuve ondulant se perd dans les marais et les estrans vaseux alternativement couverts et découverts en fonction de la marée, à l’exception des chenaux qui sillonnent la vase.Photo reproduite avec l’aimable autorisation de la NASA, image # STS038-86-15, http://eol.jsc.nasa.gov/

Bien que les frontières rendent la protection de l’environnement plus difficile à bien des égards, elles peuvent aussi être l’occasion unique de mettre en place des projets de protection - à condition que les pays voisins soient sensibles au principe de coopération. Une de ces formes de coopération est la création de « parcs de la paix » le long des frontières. Au cours de l’année passée, l’accord entre Israël et la Jordanie concernant la construction d’un centre d’études sur leur frontière commune a illustré combien les inquiétudes environnementales pouvaient être annonciatrices d’un revirement du lien qui unit la biodiversité à la sécurité. Ce lien ne serait donc plus perçu comme une entrave ou un coût sécuritaire, mais comme un facteur d’accroissement de la sécurité.

(JPEG) A Tijuana, un bidonville le long de la frontière montre le contraste saisissant dans l’utilisation des terres des deux côtés de la barrière.

La pauvreté et l’asymétrie prévalant à cette frontière rendent les ambitions en matière de protection de l’environnement plus difficiles à atteindre. « Les espaces verts [mexicains] sont ravagés par des personnes qui se voient acculées par la faim à couper et à brûler la jungle pour y planter des champs de maïs » observait en 2002 Tim Weiner, reporter au New York Times. Même dans la région frontalière mexicaine relativement riche, l’asymétrie économique entre les deux pays est telle - et l’utilisation de la terre à ce point différente - que la frontière est étonnamment visible aux personnes la survolant dans des avions de ligne.

Lors de notre conférence de 2004, nous avons émis un certain nombre de recommandations afin de contribuer à la stabilisation et à la protection écologique aux abords de la frontière américano-mexicaine. Voici certaines d’entre elles (très sommairement résumées) :

-  Continuer sur la voie ouverte par des réussites locales. Nous avons remarqué un certain nombre d’endroits où des fonctionnaires et leurs agences mènent des politiques de protection efficaces sur la frontière américano-mexicaine malgré toutes les barrières que représentent les contraintes gouvernementales ou l’infrastructure physique.
-  Intégrer des considérations prenant en compte la biodiversité à d’autres efforts tels que les transferts d’eau ou les projets d’infrastructure. Chaque côté peut aussi apprendre des succès et des échecs de l’autre. Par exemple, les Etats-Unis peuvent apprendre comment rendre la terre productive avec moins d’eau, tout comme le Mexique peut apprendre à reboiser l’habitat perdu.

(JPEG)

-  Intéresser et séduire le public. Rendre les noms de projets de conservation tels que la « river walk » (promenade au bord de l’eau), le « nature trail » (sentier de découverte de la nature) ou le « greenway » (chemin vert) des mots d’usage courant dans les familles contribue à motiver et à impliquer le public.
-  Préserver et protéger. Il ne suffit pas de simplement acheter un terrain - une fois qu’on le possède, il faut le gérer correctement, ce qui coûte cher et requiert de la volonté politique. Le financement en commun ou partagé de projets offrent certaines solutions. Dans la pratique, les Etats-Unis pourraient aider le Mexique à récupérer plus d’eau du fleuve Conchos en payant une partie des coûts de nettoyage des tamaris d’été qui congestionnent le fleuve Conchos inférieur, procurant ainsi des bénéfices immédiats pour d’importantes zones protégées en aval.

(JPEG) La rivière San Pedro, qui traverse la frontière vers le nord partant de Sonora et arrivant en Arizona, procure un habitat de peupliers deltoïdes pour environ 350 espèces d’oiseaux.

-  Proposer une alternative de développement économique rural durable. Une industrie florissante peut se construire autour des thèmes du tourisme culturel, agricole, vert et tribal, qui par définition et pratique doit être menée de façon à ce que la capacité d’accueil de la destination ne soit pas dépassée par le nombre de résidents, ou le nombre de touristes.
-  Laisser assez de sources durables d’eau pour la nature. Les cours d’eau ne doivent plus être seulement perçus comme des réserves d’eau, mais doivent être appréciés pour eux-mêmes. Les Etats-Unis et le Mexique devraient tous les deux faire passer des lois reconnaissant des cours d’eau internationaux, leur assurer un débit d’eau, et autoriser l’achat d’eau pour alimenter leurs cours depuis la source jusqu’à l’embouchure. La législation devrait prendre en considération les années de sécheresse et d’inondation, ainsi que les prévisions du changement climatique à long terme à l’échelle planétaire.
-  Planifier à l’échelle hydrographique. Une évaluation hydrographique binationale pour tout le Río Grande et le Río Bravo, du Colorado au Golfe du Mexique, devrait être entreprise afin de déterminer quelle quantité d’eau est nécessaire au maintien de la vie. Quelques petits projets pilotes réussis concernant les bassins hydrographiques existent le long de la frontière, et ils peuvent être reproduits dans d’autres zones de la région frontalière. Les organisations actives des deux côtés de la frontière devraient travailler ensemble afin de développer des visions holistiques de leurs bassins hydrographiques.
-  Traverser la frontière ! Bien que l’aménagement de l’espace soit différent dans les deux pays, il demeure néanmoins un outil essentiel pour améliorer et restaurer les écosystèmes et la santé à long terme. Les parties prenantes doivent reconnaître le besoin des Etats-Unis de protéger leurs frontières sur toute sa longueur, en utilisant, par exemple, des systèmes de vidéosurveillance à distance plutôt que des barrières physiques.
-  Revitaliser le rôle de la conservation dans les institutions frontalières existantes. Le ministère américain de la Sécurité intérieure devrait considérer l’utilisation de techniques non envahissantes - ce qui comprend les détecteurs sismiques, les systèmes de vidéo-surveillance à distance et les détecteurs laser de mouvement - pour contrôler des sites isolés à des fins sécuritaires.

Rick Van Schoik enseigne la sécurité environnementale internationale, la science et la politique à l’Université d’Etat de San Diego en Californie.

(GIF)
retour haut de page EN COLLABORATION AVEC LE BIMESTRIEL WORLD WATCH
L'état de la Planète magazine - magazine gratuit L'état de la Planète magazine - traduction du WorldWatch InsituteL'état de la Planète magazine - renseignements environnementauxL'état de la Planète magazine - écologie industrielleL'état de la Planète magazine - énergies renouvelablesL'état de la Planète magazine - enjeux environnementauxL'état de la Planète magazine - magazine écologiqueL'état de la Planète magazine - enquêtes et dossiersL'état de la Planète magazine - climat, changements climatiquesL'état de la Planète magazine - énergie solaireL'état de la Planète magazine - énergie éolienne   etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine etat de la planete magazine