par
Rosario Isasi
traduit de World Watch
Traduction d’Alexandre Friederich
La technologie génétique pourrait servir à "améliorer" les êtres humains, à les rendre plus sains, plus intelligents, plus athlétiques et plus attirants et pourquoi pas plus grands, plus minces et de peau plus claire. Ses partisans annoncent avec enthousiasme un être humain qu’épargneraient la maladie et la souffrance et qui serait peut-être même immortel. Mais dans ce scénario, le marché remplace les droits de l’homme, l’offre et la demande déterminent la valeur de la personne et les caractères dominants de l’individu sont dictés par l’économie.
Déterminer la vie par la manipulation des gènes individuels afin de satisfaire l’ambition des parents contredit la notion d’autonomie. La technologie génétique viole la dignité humaine et les droits universels de l’homme, et bafoue les idéaux démocratiques. En 1997, l’UNESCO a adopté à l’unanimité la Déclaration universelle sur les droits du génome et les droits de l’homme, qui réaffirme les principes fondamentaux énoncés dans la Charte des droits de l’homme : "Le génome humain sous-tend l’unité fondamentale de tous les membres de la famille humaine ainsi que la reconnaissance de leur dignité et diversité inhérentes (...). Il est le patrimoine de l’humanité."
Rosario Isasi est péruvienne. Elle est spécialiste du droit de la santé à l’école de santé publique de l’université de Boston.