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Eclairage vert
Nous protéger en protégeant nos forêts

par Paul W. McRandle
traduit de World Watch


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Eclairage vert / 457.1 ko




Quand on pense aux maladies résultant de la déforestation et du contact avec les animaux, le comté de Duchess, dans l’Etat de New York, est un endroit qui nous vient rarement à l’esprit. Pourtant c’est là que l’on compte le plus grand nombre de cas de maladie de Lyme par habitant aux Etats-Unis. La disparition des prédateurs naturels dans les zones forestières de plus en plus fragmentées de la région a provoqué une explosion de la population de souris à pattes blanches, qui transmettent la bactérie via les tiques qu’elles portent. Le même développement suburbain, qui découpe les forêts du comté de Duchess pour permettre de construire des centres commerciaux linéaires et des lotissements, a créé un terrain fertile pour la propagation de l’infection.

(GIF) Des forêts saines sont plus importantes pour notre santé que nous le pensons. En plus d’abriter une grande diversité d’espèces, elles font office de stations naturelles d’épuration des eaux, filtrant les impuretés et retenant les limons hors des voies navigables. Comme le fait remarquer William Karesh, vétérinaire de terrain pour la Wildlife Conservation Society (WCS) de New York, les épidémies se développent souvent dans les endroits où l’on rase la forêt et où l’eau n’est plus potable. La perturbation des voies d’eau crée souvent des nappes d’eau stagnantes qui sont des lieux de reproduction favorables aux moustiques, potentiellement porteurs du paludisme. (Voir le lien entre le paludisme et la déforestation, p.11.)

La construction de routes à travers les forêts est également un vecteur de contacts entre les humains et la faune infectée. On pense que ce sont les chasseurs de gibier de brousse, les premiers à s’être aventurés dans les profondeurs des jungles africaines, qui ont rapporté le VIH dans leurs communautés. Beaucoup d’entre eux sont maintenant régulièrement exposés au « virus spumeux simien » (VSS), qui peut également affecter les humains. Si l’exposition au VSS n’a pas encore entraîné de transmission d’humain à humain, on sait que plus les échanges sont fréquents, plus de tels virus ont des chances de muter en maladies humaines. « C’est ce à quoi nous assistons avec Ebola », explique Karesh. « Plus il y a de gens dans la forêt et plus ils chassent, plus les maladies se transmettent. »

La destruction des habitats forestiers au profit d’exploitations agricoles à grande échelle crée un autre risque de propagation des maladies. Les porcheries malaises où le virus Nipah - une infection inconnue auparavant qui a tué des centaines de personnes en Asie - a fait son apparition se situaient près d’une forêt vierge, zone d’alimentation des roussettes porteuses de la maladie, explique Jonathan Epstein de l’ONG New Yorkaise Wildlife Trust. « Dans un contexte agricole traditionnel [à petite échelle], le virus se serait trouvé à court de porcs réceptifs, » précise-t-il, mais une ferme de 30000 têtes est « suffisamment grande et densément peuplée pour subir une épidémie. »

Voilà comment vous pouvez aider à soutenir la protection des forêts dans le monde :
-  « Adoptez » une forêt. Renseignez-vous auprès du Nature Conservancy program au Brésil (www.nature.org/joinanddonate/adoptanacre/ ) ou de la Rainforest Alliance (www.rainforest-alliance.org/programs/aar).
-  Dites non à la viande de brousse. Soutenez la Bushmeat Crisis Task Force (www.bushmeat.org), un consortium d’organisations de conservation ayant pour but de préserver la faune sauvage menacée par la chasse commerciale.
-  Achetez du bois produit de manière viable. Quand vous construisez ou que vous rénovez, choisissez des produits portant le label du Forest Stewardship Council (FSC), certifiant que le bois provient de sources contrôlées. Vous pouvez aussi choisir des matériaux de récupération pour les planchers, les planches à découper ou les meubles. (En Amérique du Nord, voir www.mountainlumber.com, www.endurawood.com, www.tamalpais.com et www.terramai.com.)
-  Choisissez des alternatives au bois. Vous pouvez utiliser des plancher en bambou (www.plyboo.com), des meubles de jardin en plastique recyclé (www.eco-furniture.com), des panneaux de toit et des clôtures recyclés (www.trex.com).
-  Evitez les essences « menacées ». Le bois de rose et le pau rosa proviennent du palissandre du Brésil, aujourd’hui menacé. Choisissez plutôt des huiles essentielles issues de l’agriculture biologique, comme par exemple la lavande (www.dropwise.com->http://www.dropwise.com).
-  Choisissez de la nourriture dont la provenance est certifiée. Les aliments certifiés par la Rainforest Alliance contribuent à protéger l’habitat et la qualité de l’eau et permettent aux travailleurs de gagner un salaire décent. Essayez les marques Cafe Sombra (www.cafesombra.com), Plantations Arriba Chocolate (www.ecochocolate.com) et Chiquita Bananas.
-  Achetez des produits en latex naturel. En achetant du caoutchouc fait à partir de la sève de l’hévéa, vous pouvez aider à préserver les forêts et soutenir les communautés locales. Quand vous achetez un matelas, choisissez-en un avec un cœur en latex. (Voir www.lifekind.com ou www.northstarbeds.com)
-  Choisissez un papier plus “vert”. Demandez à votre entreprise de se fournir en papier certifié FSC, fabriqué à partir de fibres vierges provenant de forêts contrôlées et de papier recyclé post-consommation (jusqu’à 100%). On peut citer les marques Domtar Earthchoice (www.domtar.com) et Mohawk Options (Mohawk paper).

Paul W. McRandle est rédacteur principal des recherches pour le Green Guide, publié par le Green Guide Institute, qui a fourni les données scientifiques mentionnées dans cette rubrique.

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