par
Paul W. McRandle
traduit de WorldWatch
C’est à nouveau la saison des vacances, l’époque de l’écran solaire, de la plongée et du surf, durant laquelle on tente de voir le monde en compagnie de 760 millions d’autres voyageurs internationaux. Toute cette activité touristique a un impact environnemental majeur : un bateau de croisière moyen rejette plus 750.000 litres d’eaux usées brutes par semaine et les avions civils ont émis presque 230 millions de tonnes de dioxyde de carbone en 2003, rien qu’aux Etats-Unis. Or beaucoup de touristes veulent voyager de manière responsable. Comment vous amuser sans prendre, comme le disait le groupe punk Sex Pistols, « des vacances bon marché dans la misère des autres » ? Voilà quelques points à prendre en considération :
Quel genre de vacances voulez-vous ? Il existe de nombreuses manières d’ajouter une dimension sociale ou écologique à votre voyage, que ce soit en faisant du volontariat dans une ferme biologique, en aidant à reconstruire un temple ou en faisant de la randonnée dans une réserve naturelle. En planifiant vos vacances, explique Martha Honey de The International Ecotourism Society (TIES), considérez ceci : l’écotourisme minimise les impacts, il profite directement aux efforts de conservation et aux Peuples Autochtones, il respecte la culture locale, est sensible à l’environnement politique et au climat social du pays d’accueil, et il soutient les droits humains et les lois internationales sur le travail.
Peut-on faire confiance aux labels verts ? Il existe plus de 60 programmes de certification touristique dans le monde, certains avec des normes si laxistes qu’ils sont à la limite de « l’écoblanchiment ». Au niveau mondial, Green Globe « est un label plutôt crédible, mais le fait qu’il soit à but lucratif empêche, selon moi, qu’on lui fasse totalement confiance », explique Brian Mullis de Sustainable Travel International. L’International Organization for Standardization fournit pourtant une certification indépendante pour les systèmes de gestion environnementale (les normes ISO 14001), mais ne définit pas de critères spécifiques pour les activités économiques liées au tourisme, ou à d’autres activités. Par contre, trois grands réseaux régionaux, en Amérique, en Europe et en Asie ont gagné le respect de Mullis et de ses collègues et peuvent vous mettre en contact avec des organisateurs de voyages écologiques et des hôtels, ou vous conseiller différentes activités :
La Rainforest Alliance a créé des partenariats avec des tours opérateurs dans 25 pays tels que les Etats-Unis, le Mexique et le Brésil pour lancer le Réseau pour la certification d’un tourisme viable dans les Amériques (Sustainable Tourism Certification Network of the Americas). Les critères de base comprennent l’évaluation des impacts environnementaux, la formation des employés, la surveillance de l’environnement, la conservation de la biodiversité et les bénéfices pour les communautés locales. (Voir eco-indextourism.org.) VISIT (visit21.net) est un réseau de programmes d’évaluation environnementale qui certifie des tours opérateurs dans de nombreux pays d’Europe. TIES (ecotourism.org) a commencé récemment à mettre en place un réseau informel de tours opérateurs, d’hôteliers, d’étudiants voyageurs, d’universitaires et de professionnels dans la région Asie-Pacifique, autour d’un bulletin d’information bimestriel qui met l’accent sur les certifications écotouristiques, les associations, la formation et l’éducation.
D’autres idées pour voyager de manière plus écologique :
Parlez avec des gens qui se sont déjà rendus
là où vous souhaitez aller et recherchez dans les journaux locaux sur Internet des informations portant sur le tourisme ou de l’écotourisme.
Vérifiez si les caractéristiques environnementales dont font état les hôtels et les tours opérateurs sont réelles ou seulement en projet.
Demandez aux hôtels s’ils ont une politique environnementale, s’ils sont certifiés par une tierce partie, s’ils autorisent la réutilisation des draps et des serviettes et s’ils pratiquent le recyclage ou d’autres méthodes pour économiser les ressources. Le simple fait de demander montre également aux hôtels qu’il y a une demande en ce qui concerne leur politique environnementale.
Cherchez des alternatives philanthropiques qui offrent l’opportunité de fournir une assistance médicale, du matériel éducatif, de l’aide dans la construction et d’autres services utiles. Visitez les sites habitat.org, crtp.net, operationcrossroadafrica.org, crossculturalsolutions.org, airlineamb.org, travelersphilanthropy.org et alternativebreaks.org.
Lorsque cela est possible, préférez le train ; si vous devez voyager en avion, choisissez un vol sans escale. Compensez les émissions de carbone liées aux voyages en soutenant des projets d’énergie alternative. Visitez les sites atmosfair.de, betterworldclub.com/links/offsets.htm ou nativeenergy.com.
Ne serait-il pas préférable que les gens restent en dehors des écosystèmes sensibles ? Pas s’ils sont frappés par la pauvreté, pense Martha Honey de TIES. Les voyages respectueux de l’environnement, tels que le volontariat, peuvent aider à soutenir les économies locales, les communautés indigènes et les efforts essentiels de conservation, tout en atténuant les impacts sur le monde naturel.
De plus amples informations sur l’écotourisme sont disponibles sur les sites suivants : thegreenguide.com, sustainabletourism. org, adventurecouncil.com,tourismfortomorrow.com, sustainabletravelinternational.org, ecoclub.com, responsibletravel.com et worldsurface.com.
Paul W. McRandle est rédacteur principal des recherches pour le Green Guide, publié par le Green Guide Institute, qui a fourni les données scientifiques mentionnées dans cette rubrique.