Vue d’ensemble
Bien que l’eau recouvre 70 % de la surface de la Terre, de plus en plus de gens choisissent de l’acheter en bouteille. La consommation mondiale d’eau en bouteille augmente à peu près de 12% par an, entraînant une dépense annuelle de 35 milliards de dollars. Elle est encouragée par le faible coût et la commodité des emballages, par les pénuries d’eau, et dans certaines régions du monde, par de sérieuses inquiétudes à propos de la qualité de l’eau (environs 1,5 milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et des millions meurent chaque année de maladies liées à la contamination de l’eau). Beaucoup d’Américains boivent de l’eau en bouteille en pensant qu’elle est plus saine que l’eau du robinet, mais une étude effectuée sur 1000 bouteilles vendues aux États-Unis a révélé des substances cancérigènes, ou soupçonnées l’être, dans un cinquième d’entre elles.
Boucler la boucle ?
Des lois sur le recyclage des bouteilles ont été votées en Autriche, en Belgique, au Canada, au Danemark, en Finlande, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Norvège, en Suède, en Suisse, et dans 11 états américains.
Crédit photo : Claro Cortes IV, ©Reuters 2001
Au Bengale Occidental, en Inde, l’Agence de contrôle de la pollution a voté une loi l’année dernière rendant les producteurs de bouteilles responsables de la collecte et du recyclage des bouteilles usagées. Pour ce qui est de l’eau elle-même, d’après le World Wildlife Fund, 75% des bouteilles sont produites pour une consommation locale. Cependant, aucun système de production d’eau en bouteille ne peut être aussi efficace que les systèmes de distribution d’eau potable publiques. Si la popularité de l’eau en bouteille représente une solution privée à l’échec des infrastructures publiques, la réponse la plus efficace serait de construire ou de remettre en état ces infrastructures.
Destin
Les bouteilles en PET sont recyclables (elles portent le chiffre 1 dans le triangle de recyclage.) Néanmoins, sur un total de 14 milliards de bouteilles vendues aux États-Unis en 2002 (la plupart en PET), 90% finissent à la poubelle.
Pour les gens qui transpirent, la bouteille d’eau est aujourd’hui omniprésente et de rigueur.
Crédit photo :Jeff Topping, ©Reuters 2002
Production et distribution
La fabrication de bouteilles en PET entraîne le rejet d’une quantité significative de polluants atmosphériques. La fabrication d’un kilo de PET (de quoi fabriquer environ 17 bouteilles de 1,5 litres) occasionne le rejet dans l’air de 40 grammes d’hydrocarbures, de 25 grammes d’oxydes de soufre, de 18 grammes de monoxyde de carbone, de 20 grammes d’oxydes d’azote et de 2,3 kilogrammes de dioxyde de carbone. Tout ces gaz ont un effet, direct ou indirect, sur le climat. Le succès croissant de l’eau en bouteille a soulevé des inquiétudes quant à la survie de certaines réserves d’eau. Plusieurs province du Canada avec de l’eau douce en abondance étudient, ou ont déjà mis en application, des interdictions d’exporter de l’eau pour couper court à son exploitation par les multinationales de la boisson. Le transport des matières nécessaires à la fabrication des bouteilles et des bouteilles pleines vers le marché nécessite de plus grandes dépenses d’énergie que d’amener l’eau aux consommateurs par des canalisations.
L’invasion du PET
Les ventes de bouteilles en téréphtalate de polyéthylène ontexplosé.
Crédit photo :© Ed Wheeler
CORBIS
Matières premières
On trouve l’eau en bouteille sous trois formes de base. L’eau minérale naturelle contient généralement une concentration régulière de minéraux (aux États-Unis, 250 parties par millions du total solide dissout dans l’eau) ; et beaucoup de gens pensent, sans preuves réelles, qu’ils sont bons pour la santé. Les sources ne sont en théorie pas polluées, bien que l’eau puisse contenir naturellement des bactéries. L’eau de source provient également de sources souterraines mais ne contient pas forcement de minéraux. L’eau purifiée - quasiment similaire à l’eau du robinet - peut provenir de presque n’importe quelle source (souterraine ou de surface) et est traitée pour être rendue potable. Ces trois variétés d’eau sont généralement vendues dans des bouteilles en plastique fabriquées en résine de téréphthalate de polyéthylène (PET). Les ventes de PET ont plus que doublé pendant les années 90, atteignant 738 millions de kilogrammes en 1999.
Cette étude est basée sur une recherche effectuée par Paul McRandle du Green Guide