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Ignifuges bromés

par Mindy Pennybacker
traduit de Green Guide Institute


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Ignifuges bromés / 301.9 ko




Pour ceux que la menace de l’obésité ne préoccupe pas, voilà une nouvelle raison pour se lever du canapé et manger moins gras : des expériences sur des rongeurs ont permis d’établir un lien entre les ignifuges utilisés dans le mobilier en mousse de polyuréthane, des troubles endocriniens, et des dégâts sur les systèmes nerveux en développement. Connus sous le nom de diphényl-éthers polybromés (PBDE en anglais), ces substances chimiques restent présentes dans l’environnement et s’accumulent dans les graisses animales. La nourriture que nous mangeons est donc une source probable d’exposition - mais il se peut que l’endroit où nous nous asseyons en soit une autre. D’après quatre études réalisées par des chercheurs de l’Environmental Working Group de l’université du Texas, de l’université de l’Indiana et du département de toxicologie de l’université de Californie publiées en 2002, on trouverait des PBDE chez l’être humain dans des proportions de plus en plus élevées. D’après les chercheurs, l’impact neurologique sur les enfants exposés pendant la grossesse serait particulièrement inquiétant.

Dans l’étude de l’université de l’Indiana réalisée sur des mères américaines et leurs nourrissons, l’accumulation de PBDE dans le lait maternel et le sang serait de 20 à 106 fois supérieure aux niveaux relevés chez une population similaire en Suède. On a également détecté des PBDE dans le sang et le lait maternel chez des femmes au Japon, en Allemagne et au Canada. Selon les chercheurs, le plus inquiétant est que les PBDE sont similaires sur le plan moléculaire aux PCB, des substances chimiques dont on a prouvé qu’elles provoquaient des dégâts sur le cerveau et le système nerveux des enfants dont les mères mangeaient du poisson contaminé. Bien qu’interdits en 1978, les PCB sont toujours présents dans l’environnement et le poisson reste une source d’exposition potentielle.

(JPEG)

Suivant un schéma de dispersion mondiale proche de celui des PCB et du DDT, on a trouvé des PBDE dans les poissons et les phoques de la baie de San Francisco, les poissons et les moules du Groenland, les mouettes des Grands Lacs, les truites du lac Ontario, les ours polaires près du Pôle Nord, les phoques de l’arctique Canadien, et les bélugas près de l’île de Baffin. Une étude menée en 2001 par l’université du Wisconsin sur les saumons du Lac Michigan a détecté des niveaux de PBDE parmi les plus hauts jamais relevés. Des taux de PBDE moins hauts ont été relevés dans le poulet et certaines autres viandes.

À part la nourriture, les autres sources d’expositions importantes sont vraisemblablement la poussière domestique et l’air contaminé par les PBDE présents dans les canapés et autres produits de grande consommation. En plus de la mousse de polyuréthane présente dans le mobilier et les matelas, on utilise des PBDE dans les boîtiers en plastique d’ordinateurs et d’autres appareils de bureaux, dans les téléviseurs, les sèche-cheveux, les textiles industriels et la moquette.

C’est aux États-Unis que l’on trouve de loin les concentrations les plus hautes de PBDE dans le corps, et elles doublent toutes les quelques années. Les niveaux suédois, qui se sont multipliés par cinq en sept ans, ont été suffisants pour inciter l’Union Européenne à interdire les PBDE à partir de 2004. La Californie est le premier État à avoir décidé d’une interdiction qui entrera en vigueur en 2008. La production mondiale de penta-BDE, la forme de PBDE la plus rapidement absorbée par les organismes vivants, a presque doublé entre 1992 et 2001.

En 2001, les Amériques ont utilisé environ 7050 tonnes de penta-BDE, comparés à environ 150 tonnes chacune pour l’Europe et l’Asie. Bien que les niveaux de penta soient les plus hauts dans les Amériques, les consommateurs en Asie et en Afrique auraient également des raisons de s’inquiéter considérant la dispersion à grande échelle des PBDE dans l’environnement mondial.

Ce que peuvent faire les consommateurs :

-  Quand vous achetez de nouveaux produits, particulièrement pour les nourrissons, les enfants en bas âge ou les femmes enceintes, choisissez ceux qui sont garantis sans PBDE, surtout pour les matelas et le mobilier rembourré. Une alternative sûre : prenez un matelas ou un futon en coton enveloppé de laine, un ignifuge naturel. Tous les meubles IKEA sont garantis sans PBDE, de même que les boîtiers d’ordinateurs Toshiba.

-  Faites attention aux zones où la mousse est à nu ou se désagrège sur le mobilier ou la moquette ; recouvrez ou remplacez.

-  Exigez que les biens de consommation contenant du PBDE soient signalés.

-  Demandez aux autorités compétentes d’interdire les PBDE, et d’effectuer des recherches sur les effets éventuels d’autres ignifuges chimiques.

-  Si vous allaitez, ne vous arrêtez pas. Les effets bénéfiques de l’allaitement sur les facultés intellectuelles et la santé de l’enfant surpassent les risques d’exposition aux substances nocives qui, selon les médecins, posent un plus grand danger pendant la grossesse.

Assurez-vous que votre domicile et votre lieu de travail sont équipés d’alarmes à incendie, qui sont essentielles - même si elles aussi à l’heure actuelle contiennent des PBDE.

Dans le cadre de notre nouveau partenariat avec le Green Guide Institute (www.thegreenguide.com), L’Etat de la Planète Magazine publiera cette nouvelle rubrique tout au long de l’année 2004. L’article de ce numéro a été écrit par la rédactrice en chef de Green Guide, Mindy Pennybacker.

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