Biologiste, écrivain naturaliste à succès (Cette mer qui nous entoure, 1950). Son ouvrage Printemps silencieux, publié en 1962, fait d’elle la fondatrice du mouvement écologiste moderne, et l’un des plus influents scientifiques du XXe siècle. Rachel Carson mit en évidence les dangers des pesticides et des insecticides ayant une longue durée de vie. Elle montra que les DDT avaient déjà provoqué des dommages sur de nombreuses espèces vivant en Amérique du Nord, et que les êtres humains étaient potentiellement menacés eux aussi. Cet ouvrage très documenté mit à mal l’industrie de la chimie de synthèse et apporta des preuves que l’épandage de ces produits à grande échelle par les fermiers, dans les forêts et les jardins, sans se soucier de la contamination de l’environnement et de la destruction de la faune, se traduisait par une véritable biocide. Rachel Carson mit en garde contre les risques d’un empoisonnement progressif de la planète, pouvant mener à une catastrophe environnementale. Après l’immense controverse provoquée par Printemps silencieux, le Président John F. Kennedy établit une commission pour étudier les effets de certains produits chimiques. En 1972, l’utilisation du DDT fut interdite aux Etats-Unis, et par la suite dans la plupart des pays du monde. De très nombreuses organisations environnementales, dont le Environmental Defense Fund fondé en 1967, poursuivront son oeuvre. D’une branche de la biologie, l’écologie devint un mouvement politique.
Extrait, Printemps silencieux, pp. 141-142 : "La même séquence mortelle a été remarquée partout : odeur du DDT dans la forêt, film huileux à la surface de l’eau, truites mortes le long des berges des ruisseaux. Tout les poissons analysés, vivants ou morts, avaient du DDT dans leurs tissus. L’une des plus sérieuses conséquences de la désinsectisation était, comme au Canada, l’extermination des organismes servant de nourriture à d’autres animaux : les insectes aquatiques et la faune du fond des cours d’eau se trouvaient réduits parfois des neuf dixièmes. Or, ces pertes se réparent lentement ; à la fin du second été suivant, la faune aquatique était encore rare - et même nulle dans l’une des rivières où 80% des poissons avaient disparu."