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Renseignements environnementaux / 417.3 ko




L’élevage accélère la déforestation en Amazonie

Selon le Center for International Forestry Research (CIFOR), une ONG basée en Indonésie, la demande internationale croissante pour le boeuf brésilien encourage la destruction d’importantes parties de la forêt amazonienne. La surface perdue en 2002-2003 devrait dépasser 25’000 kilomètres carrés, soit une parcelle de la taille de l’Uruguay.

La majeure partie de ces terres est utilisée comme pâturage ; d’après le CIFOR, on défriche presque six fois plus de terres pour l’élevage que pour la culture. La population bovine amazonienne a explosé, passant de 26 millions de têtes en 1990 à 57 millions en 2002. Presque un tiers du total du bétail brésilien se trouve maintenant en Amazonie, contre 18% en 1992.

Une proportion de plus en plus élevée de la production est destinée aux marchés étrangers. Les exportations de viande de boeuf du Brésil ont triplé au cours de la dernière décennie, encouragées par plusieurs facteurs. Une dévaluation majeure de la monnaie a rendu la viande brésilienne beaucoup plus abordable à l’étranger. Dans le même temps, les problèmes de fièvre aphteuse ont été en grande partie résolus, alors que les autres principaux exportateurs de viande bovine (parmi lesquels le Canada et les Etats-Unis) ont été interdits d’exportation suite à la découverte de cas de maladie de la vache folle l’année dernière. Conjugués avec l’amélioration des routes et du réseau électrique et la création de nouvelles infrastructures pour conditionner la viande, ces facteurs ont fortement stimulé l’expansion des élevages.

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Parcelle de forêt vierge incendiée pour agrandir une zone de pâturage

Mark Edwards/Peter Arnold

Le CIFOR soutient que la crise forestière amazonienne réclame des mesures drastiques visant quatre objectifs : empêcher les éleveurs de s’approprier des terres illégalement ; restreindre la construction de nouvelles routes dans les régions les moins développées ; attribuer aux terres appartenant à l’Etat le statut de forêts nationales ; encourager économiquement le maintien de zones forestières. Toujours selon le CIFOR, le gouvernement brésilien, en difficultés financières, aurait besoin d’une aide internationale pour atteindre ces objectifs.

Tom Prugh


Aux Etats-Unis, les cultures destinées à l’alimentation sont largement contaminées par les semences génétiquement modifiées

Une étude menée par l’organisation américaine Union of Concerned Scientists (UCS) a démontré que des séquences d’ADN d’organismes génétiquement modifiés (OGM) avaient contaminé de nombreuses cultures conventionnelles à travers le pays. Ces cultures génétiquement modifiées ont été développées pour produire des protéines destinées à soigner les blessures, à traiter certaines maladies, ou à entrer dans la composition de produits chimiques industriels, mais ne sont pas supposées être présentes dans l’alimentation traditionnelle. Pourtant, des tests effectués pour l’UCS par deux laboratoires commerciaux sur des variétés traditionnelles de maïs, de soja et de canola, ont permis de déceler des séquences ADN d’OGM dans des proportions allant jusqu’à 1% des graines dans plus de la moitié des lots.

Microbiologiste à l’UCS, Margaret Mellon, qui a dirigé cette étude, commente ainsi ces résultats : "Cette étude remet en cause la présomption selon laquelle au moins une partie des graines sur le marché - celle destinée à l’agriculture traditionnelle - est vraiment exempte d’OGM." Une interprétation libre de ces résultats, largement relayée par les principaux médias, est que deux tiers des cultures américaines destinées à l’alimentation ont été contaminées à l’heure actuelle par des semences génétiquement modifiées et que cette contamination, par essence irréversible, pourrait condamner l’agriculture biologique et entraîner ce que les scientifiques de l’UCS décrivent comme "un grave danger potentiel pour la santé humaine" ainsi qu’une perturbation du marché agricole américain.

Ed Ayres


Le taux de CO2 dans l’atmosphère atteint un niveau record

(GIF) La concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre a atteint l’année dernière son plus haut niveau depuis au moins 420’000 ans - probablement même le plus haut en 20 millions d’années. Des mesures effectuées à l’observatoire de l’US National Oceanic and Atmospheric Administration de Mauna Loa (Hawaï), ont montré que le niveau de CO2 était monté à environ 376 parties par millions - soit une augmentation de 2,5 ppm par rapport au record précédent de 2002. Le CO2 vient en tête des gaz responsables du réchauffement climatique et les chiffres relevés en 2003 montrent une augmentation de 5 ppm depuis 2001. Il s’agit de la plus forte augmentation jamais observée sur une période de deux ans.

Ed Ayres


Un traité sur le patrimoine génétique des plantes entre en vigueur

La récente ratification par la Communauté Européenne, 11 pays européens et l’Egypte d’un traité visant à la conservation de la biodiversité du patrimoine génétique des plantes utilisées dans l’agriculture, lui a permis d’entrer en vigueur le 29 juin. 48 pays soutiennent désormais ce Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, qui reconnaît ouvertement le droit des agriculteurs de protéger "les contributions passées, présentes et futures des agriculteurs dans la conservation, l’amélioration et la diffusion des ressources génétiques des plantes." Ce traité ne s’appliquera pas aux pays qui, comme le Japon et les Etats-Unis, ne l’ont pas ratifié.

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Femme tenant une poigné de riz local, Ky Anh, Viêt-nam

Sean Sprague/Peter Arnold

Depuis les débuts de l’agriculture, il y a environs 10’000 ans, quelque 10’000 variétés de végétaux ont été utilisées dans l’alimentation, mais aujourd’hui 150 cultures seulement nourrissent la majorité des êtres humains et 12 d’entre elles fournissent 80% de tous les apports énergétiques. L’accès à tout un éventail de ressources génétiques permettra de cultiver une plus grande variété de produits alimentaires, beaucoup d’entre eux pouvant améliorer les régimes actuels. "Ce traité représente une contribution importante à l’objectif majeur du Sommet Mondial de l’Alimentation, qui est de diviser par deux le nombre de gens souffrant de famine d’ici 2015" a déclaré le docteur James Diouf, Directeur-Général de la FAO. Cet objectif fait désormais partie des Objectifs de Développement du Millénaire et a été réaffirmé dans le plan d’application de Johannesburg, l’un des résultats importants du Sommet Mondial du Développement Durable de 2002.

Zoe Chafe


Les zones océaniques mortes se multiplient

D’après le Global Environmental Outlook Yearbook 2003, publié par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le nombre de zones océaniques ou de baies privées d’oxygène dans le monde a doublé depuis 1990, atteignant aujourd’hui 146. Le nombre de ces zones est en perpétuelle augmentation depuis les années 1970.

Ces zones océaniques, souvent appelées "zones mortes" en raison de leur caractère inhospitalier pour la plupart des formes de vie, se créent quand les concentrations d’azote dans l’eau deviennent trop importantes. Plusieurs types de polluants - dont les engrais chimiques, les déchets humains, les émissions industrielles atmosphériques et les gaz d’échappement - peuvent entraîner des concentrations d’azotes à des niveaux destructeurs. L’excès d’azote déclenche la croissance rapide d’une plante microscopique appelée phytoplancton. La croissance et la décomposition du phytoplancton peuvent accaparer la majeure partie de l’oxygène présent dans l’eau, rendant toute autre forme de vie marine impossible. Les zones mortes peuvent atteindre 70’000 km2, soit une surface plus grande que la Lettonie.

Les scientifiques pensent que le réchauffement climatique ne fera qu’amplifier le problème, en augmentant la température de l’eau de mer et le nombre d’inondations. Après la grave crue du Mississippi en 1993, l’US National Ocean Service a rapporté que la zone du Golfe du Mexique privée d’oxygène avait plus que doublé, atteignant aujourd’hui 18’000 km2.

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Des sédiments se déversent dans le Golfe du Mexique par le Bird’s Foot Delta, Mississippi, Louisiane.

Image STS062-81-65 avec l’autorisation du Earth Science and Image Analysis Laboratory, NASA Johnson Space Center (http://eol.jsc.nasa.gov)

Les zones mortes sont une grave menace pour les pêcheurs et toutes les populations qui dépendent des ressources marines pour vivre, ainsi que l’a souligné le directeur exécutif de l’UNEP, Klaus Toepfer : "Réduire les impacts de l’agriculture, des déchets humains et de la pollution atmosphérique sur les océans et les mers sera l’une des clefs pour nous aider à atteindre les Objectifs de Développement du Millénaire et les objectifs du plan d’application du Sommet Mondial pour le Développement Durable, dans des domaines allant de la pêche et de la perte de biodiversité aux problèmes d’assainissement et de pauvreté."

Plusieurs pays et régions ont déjà commencé à prendre des mesures pour limiter la pollution à l’origine des zones mortes et de leur développement. Dans le bassin du Rhin, où plusieurs pays se sont mis d’accord pour réduire de moitié les quantités d’azote qu’ils déversent, le taux d’azote entrant dans la mer du Nord a été réduit de 37%. Les infrastructures de traitements des déchets en Europe et en Amérique du Nord utilisent de nouvelles technologies pour réduire les eaux de ruissellement entraînées par les activités agricoles.

Zoe Chafe


La Russie ressuscite un gigantesque plan de détournement d’un fleuve

Les partisans d’un ambitieux projet russe de détournement fluvial pensent pouvoir dans le même temps ressusciter la mer d’Aral, stimuler l’économie chancelante de certains Etats instables d’Asie Centrale et contrer le risque d’un changement de climat brutal. Comme cela a été rapporté par le magazine New Scientist, leur plan - un projet datant de l’ère soviétique visant à détourner les eaux des fleuves Ob et Irtych vers la région d’Aral par le biais d’un canal de 2’500 kilomètres - vise à amener l’eau vers les plantations de coton des régions arides du Kazakhstan, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan. Tous ces pays veulent augmenter leur production de coton et les faiblesses de leurs économies, basées principalement sur cette culture, pourraient contribuer à une instabilité politique de cette région sensible.

(GIF) Les partisans du projet affirment également qu’une partie de cette eau pourrait alimenter la mer d’Aral asséchée par le détournement d’une grande partie de l’eau des rivières Amou-Daria et Syr-Daria pour irriguer les champs de coton. Ils affirment également que l’Ob et l’Irtych déversent plus d’eau douce dans l’océan Arctique qu’auparavant, mettant en danger le courant global thermohalin qui maintient un climat tempéré en Europe. Selon eux le projet de détournement pourrait aider à réduire ce risque.

Ses opposants voient dans ce plan un travail titanesque inutile de plus, l’assurance d’un désastre écologique, un moyen pour la Russie d’affirmer son pouvoir dans la région et un moyen de pression sur les gouvernements des pays riverains, qui ont laissé les canaux d’irrigation se dégrader au point de perdre jusqu’à 60 % de l’eau qu’ils acheminent. Les opposants doutent qu’une partie de l’eau puisse véritablement arriver à la mer d’Aral, qui a perdu les trois quarts de son volume depuis 1960.

Le plan de détournement de l’Ob ne fait qu’étendre les projets d’irrigation intensive qui depuis longtemps caractérisent la politique agricole de la région. Ces pratiques ont contribué à imbiber les sols d’eau, à augmenter leur salinité, ainsi qu’à contaminer les nappes phréatiques par les pesticides et les engrais. Ce projet doit faire face à de nombreuses oppositions, mais selon certaines sources, le Président russe Vladimir Poutine souhaiterait laisser ce canal de détournement comme monument-souvenir de son mandat.

Tom Prugh


Trop de mesures de sécurité face à la vache folle ?

(GIF) En décembre dernier, le premier cas connu de maladie de la vache folle (Encéphalite bovine spongiforme ou EBS) aux Etats-Unis a été découvert dans l’Etat de Washington chez une vache importée du Canada. Un comité d’experts réunis par le Département de l’agriculture américain (USDA) a déclaré qu’il y avait de "fortes probabilités" pour qu’il y ait d’autres cas d’EBS aux Etats-Unis. Le nombre exact est aujourd’hui inconnu et le Département de l’agriculture n’effectue de tests que sur une petite fraction (21’000 en 2003) des 35 millions de têtes de bétail abattues chaque année aux Etats-Unis.

Cependant, l’USDA refuse de laisser une petite entreprise de conditionnement de viande de boeuf haut de gamme effectuer des tests de dépistage de l’EBS sur tout son bétail, volontairement et à ses propres frais. L’un des porte-parole de l’USDA a affirmé que des tests aussi complets mettaient en jeu "un aspect de la sécurité du consommateur qui n’est pas scientifiquement prouvé." L’entreprise Creekstone Farms de Denver exporte normalement la plus grande partie de sa viande de boeuf au Japon, qui a interdit les importations de boeuf américain non testées.

Creekstone perd ainsi 200’000 dollars par jour et se dit au bord de la faillite. Et ceci parce que les sociétés de conditionnement plus importantes, qui peuvent vendre d’autres viandes, s’opposent à de tels tests.

Les humains qui consomment de la viande de boeuf atteint d’EBS peuvent développer une maladie similaire appelée variante de la maladie de Creutzfeldt-Jacob (vMCJ), incurable et toujours fatale. Dans les années 1980, une épidémie d’EBS en Grande-Bretagne a causé la mort de plus de 140 personnes qui ont développé la vMCJ. L’épidémie a été déclenchée par la pratique, désormais interdite, consistant à nourrir le bétail avec les restes d’autres ruminants, en particulier de moutons, transformés en farine. Les Etats-Unis ont interdit cette pratique en 1997 et ont également interdit l’importation de tout ruminant européen. Jusqu’à aujourd’hui, tous les cas recensés de vMCJ (à ne pas confondre avec la maladie de Creutzfeldt-Jacob classique) sont le résultat d’une consommation sur plusieurs années de viandes infectées par l’EBS.

L’obstruction de l’USDA au projet de tests de Creekstone n’est que le dernier développement dans sa gestion déjà très critiquée de l’incident de décembre et dans sa politique face à l’EBS en général. Le Département a affirmé au départ que l’animal de l’Etat de Washington était un "downer" (une vache incapable de marcher, qui tombe) ; dans la mesure où la maladie détruit les tissus cérébraux, on considère que les downers ont de plus grandes chances d’être atteints d’EBS. Mais plusieurs personnes impliquées ont déclaré que l’animal pouvait tenir sur ses pattes et marcher, et l’un des employés de l’abattoir a accusé l’USDA d’avoir modifié le rapport officiel sur son état. L’USDA a également déclaré qu’il suffisait d’effectuer des tests sur les downers pour déterminer la proportion de bovins atteints de la maladie dans les troupeaux américains, bien que les animaux infectés puissent dans un premier temps ne présenter aucun symptôme. Le Département a tout d’abord déclaré avoir ordonné le rappel de 4’700 kilos de viande potentiellement contaminée, mais a ensuite augmenté ce chiffre à 17’200 kilos, parmi lesquels 7’700 ne pouvait déjà plus être récupérés.

L’USDA a annoncé qu’il allait tester jusqu’à 268’000 têtes de bétail dans le cadre d’un programme qui devrait débuter au mois de juin et durer de 12 à 18 mois. Creekstone Farm a fait appel face à l’interdiction imposée par l’USDA d’effectuer des tests.

Tom Prugh


L’ONU lance une campagne destinée à nettoyer les eaux côtières

Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement a lancé une campagne pour nettoyer les eaux côtières en réduisant la quantité d’eaux usées non traitée rejetées dans la mer. Alors que l’on a prêté une grande attention à la pollution engendrée par le ruissellement agricole (voir ci-dessus "Les zones mortes océaniques se multiplient"), le part la plus importante des contaminations marines, au niveau mondial, est due aux égouts. 1 milliard de personnes environ vivent aujourd’hui dans les régions côtières du globe.

La campagne de l’ONU mettra l’accent sur la coordination entre les efforts sanitaires et environnementaux en s’assurant que tous les ménages aient accès à des toilettes et à une eau potable sûre. "Nous avons besoins d’approches plus innovantes... nous devons utiliser davantage les systèmes naturels de filtrage comme les étangs, les roselières ou les mangroves," a déclaré Veerle Vandeweerd, le coordinateur du programme.

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