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Renseignements environnementaux


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Renseignements environnementaux / 1.1 Mo




La malaria liée à la déforestation

Deux études conduites dans la forêt amazonienne d’Amérique du Sud montrent qu’une incidence plus importante de la malaria dans des régions nouvellement aménagées est liée non seulement à la densité de la population, mais également à la modification des sols.

(JPEG) Ann Marie DiVecchia

Pendant une année, des chercheurs ont récolté des moustiques dans 56 endroits en phase de déforestation, le long d’une nouvelle route qui traverse l’Amazonie dans le nord-est du Pérou. Les scientifiques ont compté combien de fois les insectes se posaient sur les hommes à chaque site. Leurs résultats, publiés dans le numéro de janvier du magazine American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, révèle que le taux de piqûres de la part du principal moustique distributeur de la malaria au Pérou, Anopheles darlingi, était près de 300 fois plus élevé dans les zones rasées pour l’exploitation forestière, pour l’élevage ou pour d’autres activités humaines, que dans d’autres régions ayant subi des altérations écologiques moindres. « En modifiant le sol de manière radicale, nous modifions l’équilibre et augmentons ainsi le risque de transmettre la malaria » affirme un auteur important, Jonathan Patz, professeur à l’Institut Madison Nelson pour les études environnementales de l’Université du Wisconsin.

Un rapport publié le 14 février 2006 dans les Actes de l’Académie nationale des sciences mettait en évidence des liens similaires entre malaria et déforestation. Conduite par une autre équipe de recherche en Amazonie brésilienne, une étude attribue le risque élevé de malaria à la présence plus répandue d’eaux stagnantes découlant de la coupe d’arbres et d’autres modifications des écosystèmes lors de l’installation de nouveaux résidents dans une région. Les scientifiques soulignent que de nouvelles flaques d’eau créent des environnements idéaux pour la ponte d’œufs des anophèles. Cependant, lorsque l’agriculture et le développement urbain sont mieux établis dans ces régions nouvellement conquises (dites frontalières), cet habitat propice à la reproduction des moustiques décline et les taux de transmission de la malaria sont réduits.

Cette recherche vise à fournir des informations pour mieux gérer les foyers de malaria, et confirme également l’importance d’une collaboration accrue entre les communautés préoccupées de santé et celles s’occupant de conservation. Depuis 1980, plus de 50 millions d’hectares de la forêt amazonienne ont été perdus, une superficie correspondant approximativement à la Thaïlande.

Lisa Mastny


Les éléments nutritifs se réduisent dans notre alimentation

Dans The Food Magazine de janvier - mars, le nutritionniste britannique David Thomas rapporte que les minéraux contenus dans la viande et le lait ont décliné de façon significative depuis 60 ans. En analysant les chiffres des nutriments entre 1940 et 2002, Thomas a découvert que le fer contenu dans 15 différents morceaux de viande a chuté de 47% en moyenne, tandis que certains produits montrent un déclin avoisinant les 80%. Le fer contenu dans le lait a chuté de plus de 60% alors que la perte pour la crème et les huit fromages étudiés dépasse 50%. Thomas conclut que la transition vers des aliments riche en graisse et en calories mais et vers des aliments pauvres en micronutriments parce que très transformés a pour effet que les gens sont à la fois suralimentés et mal nourris.

Changements dans la composition minérale du lait, 1940 - 2002

19402002Changement
miligrammes
Sodium5043-14%
Potassium160155-3%
Phosphare9593-2%
Magnésium1411-21%
Calcium120118-2%
Fer0,080,03-62%
Cuivre0,02<0,01parti

Sources : McCance and Widdowson, 1940 and 2002.

Une autre étude a démontré que pendant que la « mauvaise » graisse et le contenu en calories dans la viande et les volailles augmentent, les graisses bénéfiques dans ces aliments diminuent. Une étude en 2004 de la London Metropolitan University révèle que manger le même poids de poulet aujourd’hui, comparé à il y a trente ans, procure deux fois plus de calories mais un tiers à un huitième seulement des acides oméga-3 (les « bonnes » graisses). Le passage à une production animale plus intensive a mené à une augmentation du contenu énergétique dans la viande qui est sans doute à l’origine des taux élevés de cas d’obésité dans les pays industrialisés.

Des analyses en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis ont montré des pertes nutritionnelles significatives dans chaque sous-groupe alimentaire. Les raisons possibles de ces déclins de nutriments incluent une dégradation des minéraux contenus dans les sols eux-mêmes, des changements dans les variétés de plantes et la diminution ou la disparition des micro-organismes dans les sols. Mais le chercheur américain Donald R. Davis pense que l’agriculture industrielle à grande échelle, joue un rôle-clé. Davis note que les méthodes pour augmenter les rendements comme l’usage d’engrais et l’irrigation peuvent en fait réduire les concentrations de certains nutriments en créant un « effet de dilution ».

Darcey Rakestraw


La Banque mondiale soutient une mine d’or controversée

Malgré des pressions soutenues de plusieurs mois, l’International Finance Corporation (IFC), le bras du secteur privé de la Banque Mondiale, a approuvé le 31 janvier un prêt de 125 millions de dollars à l’entreprise minière Newmont Mining Corporation pour sa mine d’or d’Ahafo, au Ghana. Les organisation ghanéennes et internationales avaient pourtant insisté auprès de la banque pour qu’elle repousse ce financement en attendant que les impacts du projet sur les droits de l’homme et sur l’environnement aient été évalués de manière adéquate, ceux-ci allant du déplacement de résidents locaux aux risques de contamination de l’eau.

(JPEG) Devora Reiss

Le soutien de la Banque mondiale à de grands projets pétroliers et miniers au Tchad, au Guatemala, au Pérou et ailleurs dans le monde, a suscité d’importantes controverses ces dernières années. Le projet au Ghana fut approuvé quelques semaines seulement après que le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, eut suspendu le soutien de l’institution à un très important projet de construction d’un oléoduc destiné au transport de pétrole au Tchad. Le gouvernement avait décidé d’utiliser les revenus du pétrole pour financer son armée.

Au cours des deux dernières années, Newmont a fait face aux protestations de communautés au Pérou et en Indonésie au sujet de contaminations et d’effets négatifs de ses activités sur la santé des habitants. Les communautés au Ghana ont des préoccupations semblables : une étude indépendante a révélé que Newmont n’a pas fourni l’information suffisante pour estimer les risques d’une contamination de l’eau de la mine d’Ahafo, qui fera usage de cyanure pour extraire de l’or. L’Association des communautés Wassa affectées par les activités minières (WACAM), une organisation communautaire, se penche sur les enjeux entourant l’activité minière et affirme que les lois trop faibles régissant le secteur minier du pays rendent pratiquement impossible la responsabilisation des compagnies si des catastrophes environnementales tels des déversements de cyanure devaient se produire.

Au cours de la première phase du projet seulement, la mine d’Ahafo provoquera le déplacement de 9500 ghanéens, dont la majorité pratiquent une agriculture de subsistance. En pourtant, selon les évaluations de Newmont elle-même, les mesures compensatoires pour remplacer leurs terres et permettre aux populations locales de vivre sont incomplètes ou incertaines. La mine va rapporter 300 millions de dollars sur 20 ans au gouvernement du Ghana, une somme relativement peu importante, et créer 620 emplois à long terme tout en provoquant le déplacement économique de 20000 personnes lorsque les deux phases du projet auront été achevées.

Les groupes non gouvernementaux défendent que le développement des possibles avantages du projet ne pourrait se concrétiser qu’en passant par la restitution aux communautés locales de moyens de subsistance soutenables et la protection de l’eau qu’elles utilisent. Mike Anane, de Food First Information and Action Network (Ghana), affirme : « La Banque mondiale doit assurer la protection des terres et des ressources en eau si elle espère alléger la pauvreté et promouvoir le développement durable à Ahafo. »

Radhika Sarin


Une première : une loi sur le recyclage des déchets électroniques fait payer la note aux fabricants

En janvier, le Maine est devenu le premier Etat américain à facturer directement aux fabricants le coût du recyclage des télévisions et des écrans d’ordinateur usagés. Selon cette nouvelle loi, les producteurs doivent assurer le coût d’envoi de ces appareils électroniques vers des centres de recyclage où des produits toxiques comme le plomb et le mercure en sont extraits.

(JPEG)

Frudd

Bien que quelques autres Etats connaissent déjà des lois sur les « e-déchets », le Maine est le premier à mettre le fardeau du recyclage sur les fabricants plutôt que sur les consommateurs. En Californie, par exemple, l’acheteur d’un écran de télévision ou d’un ordinateur doit payer un acompte pour son élimination. Bien que les consommateurs doivent encore payer pour déposer leurs appareils électroniques au centre de tri, le prix pour les téléviseurs et les écrans est passé de 15 ou 20 dollars à seulement 2 dollars par objet.

L’Etat a approuvé cinq endroits où seront regroupés les équipements pour recyclage et les fabricants recevront alors une facture selon la quantité de déchets dont il est à l’origine. Les coûts pour disposer des éléments « orphelins », c’est-à-dire ceux fabriqués par des entreprises ayant entre-temps disparu, seront pris en charge par les autres compagnies, au pro rata de l’importance du recyclage effectué sur les appareils qu’elles ont produits.

Le but de la loi est d’éviter que des produits toxiques ne soient rejetés dans l’environnement à partir d’incinérateurs ou de décharges. Selon le Conseil sur les ressources naturelles du Maine, les téléviseurs et les écrans d’ordinateurs les plus âgés contiennent 1,8 à 3,6 kilos plomb, ainsi que des matériaux toxiques tels que le mercure, le cadmium, le lithium et des plastiques PVC. Lorsqu’ils sont incinérés, ces matériaux rejètent des métaux lourds et des dioxines cancérigènes dans l’air, causant des dommages possibles aux systèmes nerveux et aux organes reproducteurs humains.

La loi vise également à encourager les fabricants à, pour commencer, inclure moins de matériaux toxiques dans leurs produits, puis à développer des objets plus faciles à recycler. Les déchets électroniques sont parmi les déchets solides dont la croissance est la plus rapide aux Etats-Unis. Selon l’organisation « Californiens contre les déchets », les produits électroniques constituent aujourd’hui approximativement 70% des métaux lourds toxiques dans les décharges.

L’Etat de Washington a également voté une législation forte sur les déchets électroniques en mars et quelques autres villes et Etats américains envisagent de voter des lois sur les déchets électroniques. Mais le pays demeure loin derrière l’Union européenne, le Japon, et même la Chine, qui ont adopté de telles lois au niveau national.

Lisa Mastny


Wal-Mart veut trouver des fournisseurs de produits halieutiques qui pratiquent le développement durable

Wal-Mart, le plus grande chaîne de distribution du monde et le plus important revendeur de nourriture aux Etats-Unis, a annoncé qu’il commencera à certifier « de source soutenable » tous ses produits de la mer pour le marché nord-américain. Wal-Mart va utiliser la norme du Conseil pour la gestion marine (Marine Stewardship Council, MSC), un programme de certification internationale pour la pêche qui estime le statut des stocks d’une espèce de poisson, comment ils sont gérés, et fait usage d’un éco-label pour notifier ces informations aux consommateurs. Des groupes environnementaux importants comme Conservation International et le World Wildlife Fund ont contribué à faire adopter la décision et vont accompagner les fournisseurs de Wal-Mart dans leur recherche de la certification MSC.

(GIF) Rrezarta Hyseni

Peter Redmont, vice-président de Wal-Mart et responsable de la gestion des viandes et des produits de la mer, a ainsi affirmé : « Nous croyons qu’il est absolument essentiel de prendre un rôle de premier plan pour travailler avec les fournisseurs afin d’assurer que les populations mondiales de poisson sauvage puissent croître et se reproduire. » L’annonce ne couvre que le poisson sauvage, et ainsi, les crevettes, le saumon et d’autres produits provenant de fermes aquatiques ne seront pas concernés par cette mesure, pas plus que les produits panés et d’autres produits marins transformés. Malgré cela, MSC espère que la décision aidera les clients de Wal-Mart à prendre conscience de l’enjeu de la durabilité ; à changer les comportements des fournisseurs, des transformateurs et des pêcheries liés à l’entreprise ; et enfin, à faire pression sur les concurrents de Wal-Mart pour qu’ils procèdent à des changements similaires.

Les environnementalistes qui suivent les enjeux maritimes semblent approuver cette démarche. Rebecca Goldburg, une scientifique de haut rang chez Environmental Defense affirme ainsi : « Wal-Mart possède une grosse part du marché. Une telle action aura pour résultat, lorsque les acteurs concernés commenceront à chercher la certification, d’améliorer la gestion des pêches. »

L’annonce en janvier de Wal-Mart semble avoir déjà fait des émules et provoqué une cascade d’annonces similaires dans les milieux de l’agroalimentaire. Les restaurants Darden, une entreprise parente de la chaîne de restauration spécialisée dans les fruits de mer Red Lobster, a annoncé ses plans pour certifier toute sa consommation de crevettes d’élevage « afin d’assurer qu’elles sont produites de manière soutenable avec un impact le plus faible possible sur l’environnement ». Et un des plus grands fournisseurs d’aliments du pays, Compass Group USA, acheteur de près de deux millions de kilos de poisson par année, a annoncé qu’il prendrait ses distances avec les espèces de poisson menacées.

Ces nouvelles encourageantes surviennent à la suite d’une conférence des Nations Unies qui rapporte que les objectifs internationaux visant à éliminer la pêche illégale et la surpêche avant 2005 n’ont pas été atteints. Au rythme actuel, le but visant à établir d’ici 2012 un réseau mondial de régions marines protégées ne sera pas atteint avant 2085.

Brian Halweil

Les illustrations de la section « Renseignements environnementaux » ont été créées par les élèves du cours avancé d’illustration de Glenna Lang à l’école du Musée des Beaux-Arts de Boston.

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