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Renseignements environnementaux


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Renseignements environnementaux / 1.6 Mo




Le Danemark est le pays donateur le plus engagé pour le développement ; le Japon est à la traîne.

Quand on réfléchit à la manière dont les pays riches aident ou lèsent les pays pauvres, on pense généralement d’abord à l’aide extérieure. Mais les pays riches et pauvres sont liés dans bien d’autres domaines : par le commerce, l’investissement, l’immigration, l’environnement, les affaires militaires et les idées et innovations telles qu’Internet. C’est pourquoi l’Indice d’Engagement pour le Développement, un projet conjoint du Center for Global Development (CGD) de Washington D.C. et du magazine Foreign Policy, note et classe 21 pays riches en fonction de l’influence de l’ensemble de leurs politiques sur le développement. L’indice ne prend pas seulement en compte ce que les pays donnent pour l’aide extérieure mais également les facteurs qualitatifs, par exemple le fait que l’aide aille à des pays particulièrement pauvres et qui ne sont pas corrompus. Il prend ensuite en considération les performances dans six autres secteurs de politiques.

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Crédit illustration : Norah Solorzano

Dans le classement de 2005, le Danemark arrive en première position, grâce à son programme d’aide généreux (pour sa taille), une contribution importante au maintien de la paix internationale et des performances environnementales relativement bonnes. Le Japon arrive en dernière position en raison d’une aide extérieure minime (pour sa taille), de la fermeture de ses frontières aux produits et aux ressortissants des pays en voie de développement, d’un manque de participation historique au maintien de la paix et un bilan environnemental international médiocre. Les Etats-Unis réalisent un score de 5.0 (moyen), se classant à la 12ème place. Leur aide est insuffisante par rapport à leur taille mais les taxes sur les importations agricoles en provenance des pays en voie de développement y sont moins élevées qu’en Europe et le pays se montre relativement progressiste pour ce qui est de soutenir des investissements sains dans les pays en voie de développement. Cependant, même les Danois ne sont que moyens dans quatre des sept secteurs de sa politique, ce qui démontre que tous les pays riches pourraient faire beaucoup plus.

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Le CGD a examiné les critères environnementaux de l’indice 2005 en collaboration avec le World Ressources Institute. Il comprend maintenant des indicateurs sur la manière dont les pays riches partagent des ressources telles que l’atmosphère ou les zones de pêche et mesure les importations par les pays riches de marchandises telles que les bois tropicaux et le café, dont la production est néfaste pour l’environnement des pays en voie de développement. Le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni réalisent tous de bons scores sur le plan environnemental, dans la mesure où ils ont réussi à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre sur les dix dernières années, tout en maintenant leur croissance économique. A l’origine de ces succès, on trouve les taxes sur l’essence et le soutien important en faveur de l’énergie éolienne et des autres sources d’énergies renouvelables. Les Etats-Unis obtiennent un résultat médiocre à cause de leurs émissions élevées de gaz à effet de serre et de leur refus de signer le protocole de Kyoto. Il est surprenant de constater que le Japon, à cause de ses subventions élevées à la pêche et des importations de bois tropicaux, arrive à la dernière place en matière d’environnement. Pour en savoir plus visitez le site www.cgdev.org/cdi

David Roodman


De nouvelles techniques d’imagerie révèlent une augmentation de la déforestation en Amazonie.

En août dernier, le gouvernement brésilien a annoncé que la vitesse de déforestation de la forêt amazonienne avait diminué dans des proportions allant jusqu’à 50 % en 2005, principalement à cause d’une politique de protection plus stricte. Mais une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université de Stanford laisse entendre que ces prétendus progrès pourraient être basés sur des mesures incomplètes. L’étude, publiée dans le numéro du 21 octobre de la revue Science, se base sur des analyses par satellites à haute-résolution pour conclure que la partie brésilienne de la forêt amazonienne est détruite plus de deux fois plus vite que ce que l’on pensait.

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L’effet Gruyère ? Une image satellite de la déforestation dans l’état de Rondônia au Brésil, 2001.

Crédit photo : Jacques Descloitres, MODIS Land Rapid Response Team

Alors que les analyses satellitaires traditionnelles de déforestation ne prennent en compte que les zones de coupe nettement visibles, l’analyse de Stanford ajoute une variable importante : la perte forestière dans des zones qui ont été exploitées de manière sélective pour les variétés de bois à forte valeur ajoutée comme l’acajou. La couverture forestière dans ces zones peut paraître intacte, explique Greg Asner, le responsable de l’étude, mais le mitage de la couverture peut en réalité perturber l’écosystème de manière significative, laissant plus de lumière atteindre le sol de la forêt et causant de gros dommages collatéraux aux arbres restants, à la végétation et au sol.

L’étude, qui utilise des données des satellites Landsat pour la période 1999-2002, conclut que les dommages causés aux zones forestières par les coupes de bois sélectives durant cette période doivent être augmentés de 60 à 123 % par rapport à ce qui avait été rapporté précédemment. Cette analyse s’est concentrée sur les cinq Etats - Parà, Mato Grosso, Rondônia, Roraima et Acre - dans lesquels s’effectue environ 90 % de la déforestation de l’Amazonie brésilienne.

Greg Asner estime en outre que des situations similaires se développent dans des forêts de pays comme l’Indonésie, le Pérou ou la Bolivie, où les coupes de bois sélectives jouent un rôle important dans l’activité économique locale.

Lisa Mastny


Des études gouvernementales montrent des améliorations de la santé liées aux interdictions de fumer sur les lieux de travail en Irlande et en Norvège.

En mars 2004, l’Irlande est devenue le premier pays à adopter une interdiction de fumer dans les lieux de travail clos, y compris les bars, les restaurants et les boîtes de nuit. Trois mois plus tard, la Norvège a rejoint l’Irlande en interdisant totalement la cigarette sur les lieux de travail. Un an après l’entrée en vigueur de ces interdictions, des rapports des deux gouvernements ont annoncé les effets bénéfiques de ces mesures pour la santé.

En mars 2005, le Bureau Irlandais de Contrôle du Tabac a publié une étude sur la santé des travailleurs, menée une première fois avant l’interdiction, puis à nouveau un an après. Ces recherches ont démontré que la qualité de l’air dans les bars s’était grandement améliorée, les grosses particules en suspension dans l’air ayant diminué de 53 % et les particules plus fines de 88 %, atteignant des niveaux similaires à ceux trouvés dans un intérieur non fumeur. De plus, le taux de monoxyde de carbone dans le sang des employés non fumeurs a diminué de 43 %.

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Crédit illustration : Kim Schmidt

L’étude norvégienne est arrivée à des résultats positifs similaires : les particules en suspension ont décliné de 70 % dans les bars et les restaurants et les taux de nicotine dans l’urine des travailleurs ont diminué de presque 90 %. De plus, les fonctions pulmonaires se sont améliorées chez les employés non-fumeurs, alors que les symptômes respiratoires tels que la toux et l’essoufflement ont décliné d’environ un tiers.

Alors que certains adversaires des interdictions affirment que le public s’oppose à ces mesures qu’il considère comme des atteintes à la liberté individuelle, les sondages reflètent un soutien massif de la population aux interdictions. Des sondages récents révèlent que 80 % des Français interrogés et 73 % des Anglais et des Gallois sont favorables à une interdiction. Ce soutien semble perdurer après l’entrée en vigueur. Selon une étude liée au rapport irlandais, un an après l’adoption de l’interdiction, 93 % des personnes interrogées continuent de penser qu’il s’agit d’une bonne idée, 96 % pensent que la loi est un succès et 98 % pensent que les lieux de travail sont maintenant plus sains.

Erik Assadourian


Stockage du carbone : le GIEC se montre encourageant.

Le piégeage et le stockage du carbone (PSC) font partie des technologies émergeantes pouvant aider à lutter contre les changements climatiques. Cette méthode consiste à extraire le carbone des combustibles fossiles, avant ou après leur combustion, puis à l’injecter dans un réservoir. Le PSC est sujet à controverse pour plusieurs raisons mais ses partisans affirment que les combustibles fossiles représenteront encore pendant un certain temps une part importante du budget énergétique mondial, quel que soit le scénario de transition, et que le PSC atténuera leur influence sur le climat.

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GEIC) a publié une évaluation du potentiel technique et économique du PSC et les résultats sont mitigés. Pour résumer, le GIEC conclut que, d’ici 2050, le PSC pourrait permettre de retenir de 20 à 40% des émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant de sources importantes (comme les centrales électriques et les usines) et que cela pourrait également réduire les émissions de carbone des véhicules s’ils fonctionnaient avec de l’hydrogène ou de l’électricité produits à l’aide de combustibles fossiles dont on aurait extrait le carbone.

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Crédit illustration : Norah Solorzano

D’un autre côté, le rapport estime que le recours au PSC augmenterait le prix de l’électricité de 1 à 5% par kilowattheure, selon le combustible, le lieu et d’autres variables, même avec de nouvelles centrales électriques incorporant dès le départ des technologies de PSC. La remise à niveau des centrales plus anciennes aboutirait à une efficacité moindre et ferait encore davantage grimper les prix. La viabilité des options de stockage géologique - champs de pétrole ou de gaz, couches de charbon inexploitables et formations salines - dépend de leur proximité par rapport aux sources d’émissions importantes, un problème qui n’a pas encore été suffisamment étudié. L’option du stockage dans les océans soulève également des inquiétudes. Le dioxyde de carbone peut être dissout dans l’eau ou injecté dans les fonds marins en dessous de 3.000 mètres, profondeur à laquelle il est plus dense que l’eau et devrait former des bassins de carbone stables. Mais la dissolution du carbone dans l’eau la rend plus acide et on ne connaît pas encore avec précision les effets écologiques que cette option pourrait entraîner. Dans la mesure où l’expérience du stockage du carbone est limitée, le taux de fuite n’est pas non plus connu. En résumé, si les différentes pièces du système de PSC semblent fonctionner une par une dans une certaine mesure, elles n’ont encore pas été associées pour former un ensemble probant.

Le rapport entier peut être consulté et télécharger sur le site du GIEC (www.ipcc.ch).

Tom Prugh


Au Népal, des communautés rurales adoptent les bio-énergies propres.

Grâce à un programme novateur implanté dans 66 des 75 districts du pays, des communautés rurales du Népal récupèrent maintenant la bouse de vache pour en faire du biogaz. Le Biogas Support Programme (BSP), créé en 1992, aide à construire des « digesteurs » qui utilisent les bactéries pour décomposer la bouse en l’absence d’oxygène, produisant un gaz propre et sans fumée.

En contraste avec les autres projets de développement, bloqués depuis 10 ans par l’insurrection maoïste, le BSP alimente aujourd’hui 140.000 cuisines népalaises, permettant, selon les estimations, d’économiser 400.000 tonnes de bois et 800.000 litres de kérosène. Il a également contribué à réduire les problèmes respiratoires liés à la combustion du bois de chauffage.

(JPEG) Illustration : tiré de Nepal Biogas Plant - Construction Manual  ; on voit la cuve d’injection, le gazomètre en forme de dôme et, en construction, la cuve de restitution.

L’économie la plus précieuse est peut-être d’avoir évité l’émission d’environ 600.000 tonnes de gaz à effet de serre (GES). Selon le Mécanisme de Développement Propre du Protocole de Kyoto, la Banque Mondiale a accepté d’acheter les 5 millions de dollars d’émissions de GES économisées par le BSP. D’autres institutions financières, en Allemagne et aux Pays-Bas, sont intéressées par les crédits de carbone du BSP et pourraient fournir des revenus importants pour les villages puisque le nouveau système d’échange de droits d’émission de l’Union Européenne fait du carbone un investissement attirant. Les communautés locales du Népal ont également bénéficié d’emplois créés pour faire fonctionner les installations de production des biogaz. Près de 60 entreprises privées ont embauché environ 11.000 Népalais pour construire les digesteurs.

Le Népal rejoint les nombreuses nations qui tentent de réduire leurs émissions et d’augmenter leur indépendance énergétique par l’adoption de biocombustibles alternatifs. Une entreprise américaine, Changing World Technologies, fabrique du biocarburant en utilisant des digesteurs qui décomposent des carcasses de dindes ; en Irlande, on utilise de la bouse de vache pour faire rouler des véhicules ; et en Suède un train prototype est propulsé grâce à de l’énergie de biomasse. En Inde, les habitants d’un village transforment des graines d’une plante locale, la pangamia, en bio-diesel pour alimenter des réseaux électriques locaux et, comme les Népalais, vendent les crédits de carbone selon le Mécanisme de Développement Propre du protocole de Kyoto.

La combustion de la biomasse ne relâche pas de dioxyde de carbone, contrairement au combustible fossile qu’elle remplace. Selon une étude récente de l’European Biomass Industry Association et du WWF, l’utilisation de l’énergie de biomasse dans les pays industrialisés pourrait passer de 1 à 15% des besoins énergétiques d’ici 2020. A mesure que la demande en énergie continue d’augmenter et que les émissions de GES deviennent plus problématiques, il est probable que les carburants renouvelables, comme les biogaz, joueront un rôle plus important dans l’approvisionnement en énergie, des communautés rurales aux grands centres urbains.

Lauren Sorkin


Azote : à consommer avec modération.

Toute chose doit être utilisée avec modération - particulièrement lorsqu’il s’agit d’utiliser des engrais azotés près des zones côtières, comme le montre une nouvelle étude menée par des scientifiques de l’université de Stanford.

Les zones littorales dépendent de l’azote, du phosphore et d’autres nutriments apportés par les cours d’eau qui nourrissent les plantes océaniques, les pêcheries côtières et les autres formes de vie marine. Mais l’excès de nutriments, en particulier d’azote, peut provoquer des proliférations d’algues qui privent l’eau environnante d’oxygène lorsqu’elles meurent et se décomposent. Ces « zones mortes » privées d’oxygène se sont multipliées ces dernières décennies et on en compte maintenant 146 de par le monde. Dans les cas les plus graves, ces zones dépassent 20.000 mètres carrés, comme dans le golfe du Mexique, la mer de Chine orientale et la mer Baltique.

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Crédit illustration : Kathleen Fulton

Si les scientifiques suspectent depuis longtemps les engrais chimiques et les déjections des fermes d’élevage intensif de contribuer à l’excès d’azote, les chercheurs de Stanford ont cette fois clairement établi une étroite corrélation entre les périodes d’irrigation dans la vallée de Yaqui au Mexique, où les engrais sont utilisés de façon massive, et les proliférations d’algues dans le Golfe de Californie. Comme toutes les eaux tropicales et sub-tropicales, le golfe a une teneur en azote naturellement faible et il est donc particulièrement vulnérable aux ruissellements d’azote. Les chercheurs ont fait remarquer que ces eaux pauvres en nutriments avaient tendance, en Amérique Latine, en Asie et en Afrique, à se trouver près de zones où les agriculteurs utilisaient de plus en plus d’engrais chimiques et établissaient de grandes fermes d’élevages. « Nous prévoyons que d’ici 2050, 27 à 59% des engrais azotés seront utilisés dans des régions en voie de développement situées en amont d’écosystèmes marins pauvres en azote », ont écrit les auteurs dans le numéro du 10 mars du magazine Nature. « Nos découvertes mettent en évidence la vulnérabilité présente et future de ces écosystèmes face aux ruissellements agricoles. »

Malheureusement, les mêmes engrais qui augmentent la production dans les champs finissent souvent par détruire les sources de nourriture dans les baies et les estuaires des côtes. Une vaste zone morte, qui a décimé l’industrie de la crevette et des crustacés dans le Golfe du Mexique, se forme maintenant chaque été à l’embouchure du Mississippi. Le même scénario pourrait aisément se répéter dans le golfe de Californie, dans la mer de Cortez qui borde la vallée de Yaqui et dans les pêcheries d’Asie du Sud-Est, d’Afrique de l’Ouest, de la mer d’Oman et de la baie du Bengale. Les auteurs concluent : « Les effets de la pollution marine par l’azote, qui deviennent extrêmement graves et répandus, sont indéniablement une conséquence de l’expansion mondiale de l’agriculture industrielle. »

Brian Halweil

Les illustrations de cette rubrique ont été réalisées par des étudiants du cours d’illustration avancé Glenna Lang de la School of the Museum of Fine Arts de Boston.

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