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26-11-2008
La méthanisation offre une seconde vie aux déchets organiques


Technique de valorisation des déchets, la méthanisation est encore marginale en France. Reposant sur un processus de dégradation de la matière organique par des micro-organismes en milieu privé d’oxygène, celle-ci offre pourtant de multiples avantages. Intégrant tous déchets dits organiques, elle s’applique aussi bien aux rejets municipaux (déchets alimentaires, journaux, emballages, déchets verts, sous-produits de l’assainissement urbain), industriels (boues et effluents des industries agroalimentaires…) qu’agricoles (déjections animales, substrats végétaux solides…).
Une fois ceux-ci récupérés, deux types de valorisation par méthanisation sont envisageables. D’un côté, ce procédé de décomposition de la matière produit du « digestat » (1), à partir duquel peut être élaboré un compost agricole utilisé pour des cultures alimentaires ou non alimentaires (selon sa composition). Outre cette application, le digestat peut également être utilisé pour combler d’anciennes décharges ou réhabiliter des sites pollués.
La seconde forme de valorisation, par méthanisation, consiste en la production d’un mélange gazeux composé de 50 à 70 % de méthane appelé « biogaz ». Source d’énergie renouvelable, il sert à la production de chaleur, d’électricité ou encore à une combinaison des deux.

Mais, la solution miracle n’existant pas, la méthanisation impose quelques contraintes d’utilisation. Propre aux déchets organiques, il est nécessaire de l’associer à un système complémentaire d’incinération ou à des centres de stockage de déchets non dangereux. D’autre part, l’écart séparant les déchets hautement dégradables de ceux dont le processus de dégénérescence est plus long implique un traitement adapté à chaque catégorie. Enfin, l’installation d’un dispositif contre d’éventuels excédents hydriques lors de la transformation doit de même être traité.

Malgré ces contraintes, la méthanisation reste une solution avantageuse, permettant de réduire le volume final de déchets tout en en tirant le meilleur parti possible. Un point de vue partagé par l’enseigne Carrefour, laquelle vient de convertir à cette technique l’un de ses magasins implanté dans la ville de Lomme, près de Lille. Le supermarché s’est en effet vu équipé d’une benne fermée de 30 m², destinée à stocker les déchets alimentaires. Une fois par semaine, celle-ci est vidée et les déchets redirigés vers un centre de transformation. Aux dires du groupe, après 6 mois de tests, alors que 75 % des déchets du magasin sont recyclés, 20 % le seraient par méthanisation. Un pourcentage qui représenterait environ 20 tonnes par mois.

A terme, Carrefour projette, dès début 2009, de faire suivre le même chemin à d’autres magasins situés dans le Nord du pays. Une volonté d’expansion freinée par la rareté des structures de méthanisation en France. D’après le Syctom (2) de l’Agglomération parisienne, la France compterait aujourd’hui trois unités de méthanisation. En fonction depuis 1988, celle basée à Amiens affiche une capacité de 86 000 tonnes par an. Elle est secondée par l’unité de méthanisation de Varennes-Jarcy en Essonne, d’une capacité estimée à 100 000 t/an et mise en service en 2002. La dernière en date est celle de la commune Le Robert en Martinique. D’une capacité de 40 000 t/an, sa mise en service remonte à 2006. D’autres projets sont d’ores et déjà à l’étude sous la direction du Syctom, dont deux unités de traitement biologique des déchets en Seine Saint-Denis.
Cécile Cassier
Schéma Sitom 93
1- Le « digestat » est « un produit humide riche en matière organique ».
2- Syndicat intercommunal de gestion des déchets réunissant 85 communes de l’agglomération parisienne.
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